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Marie-Anne DAYÉ

Marie-Anne DAYÉ

Conceptrice - Rédactrice

Aller à la rencontre des travailleurs étrangers temporaires

Les activités d’accueil et d’intégration ont battu leur plein durant les mois d’avril, mai et juin. Les organismes soutenus par le gouvernement du Canada par le biais du Programme des travailleurs étrangers temporaires ont été à pied d’œuvre sur le terrain, rejoignant des milliers d’entre eux à l’aéroport, sur la ferme, dans les usines de transformation des aliments ou dans d’autres types d’entreprises. Premier bilan.

Le printemps est assez intense pour le Réseau d’aide aux travailleuses et travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ), qui a accueilli plus de 13 000 travailleurs étrangers temporaires à l’aéroport de Montréal entre avril et juillet. Chacun d’entre eux a pu recevoir différents dépliants l’informant de ses droits ainsi que des informations en lien avec la COVID-19. Un accueil qui a aussi permis à l’organisme d’informer ces nouveaux arrivants sur leurs services.

Pendant la même période, les intervenants du RATTMAQ ont aussi pu rencontrer plus de 1300 travailleurs étrangers temporaires alors qu’ils s’apprêtaient à retourner dans leur pays d’origine. Ces derniers se sont envolés avec en main des renseignements sur leurs droits au moment où ils reviendront au Québec. Au total, cela représente 136 vols à l’arrivée ou au départ de Montréal.

Une méthode qui semble efficace puisque durant ces mois, le RATTMAQ a reçu près de 3500 textos via WhatsApp et un peu plus de 1100 appels téléphoniques. Entre le 1 er avril et le 30 juin, les intervenants ont déposé 577 plaintes, en plus d’accompagner juridiquement 244 travailleurs étrangers temporaires.

D’autres ressources dès leur arrivée

Le RATTMAQ n’est pas le seul à accueillir les travailleurs étrangers temporaires sur le tarmac. Le 30 avril dernier, l’équipe du Service d’orientation et d’intégration des immigrants au travail (SOIT) s’est aussi rendue sur place pour les rencontrer. Dans une activité organisée en partenariat avec le consulat du Guatemala, ils se sont rendus à l’aéroport de Montréal et ont accompagné 184 travailleurs agricoles à leur arrivée sur le sol québécois. En plus de leur offrir une collation après ce long voyage, l’équipe a pu les informer sur les différents services offerts par le SOIT et les inviter à joindre leur groupe WhatsApp. Près d’une centaine de travailleurs étrangers temporaires sont venus gonfler les rangs de réseau, qui compte maintenant 340 membres. Un outil essentiel pour maintenir le contact et partager de l’information. L’organisme a d’ailleurs utilisé ce canal pour diffuser différentes capsules préparées avec l’aide de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en français et en espagnol sur différents sujets en lien avec les droits des travailleurs. Des informations touchant la vie pratique, comme les services bancaires ou les assurances, y ont aussi été partagées.

Favoriser les liens avec la communauté

Pour une deuxième année consécutive, l’organisme Actions interculturelles de développement et d’éducation (AIDE) a relancé le projet « Ensemble on sème », qui permet de créer des ponts entre les travailleurs étrangers temporaires et la communauté environnante de Sherbrooke. Pour favoriser ces rapprochements, une édition en français et en espagnol du journal local, « L’écho de Compton » a d’ailleurs été publiée.

Au printemps et au début de l’été, l’équipe a organisé plusieurs séances d’information pour ces travailleurs étrangers temporaires, que ce soit directement dans les résidences de ces derniers ou encore dans des restaurants, des salles communautaires ou dans des fermes. Ces séances permettent aussi d’offrir un suivi personnalisé à ceux qui en manifestent le besoin. Entre avril et juillet, plus de 150 d’entre eux ont été rejoints par l’organisme.

Visite d’une cabane à sucre, rencontre avec les musiciens d’Orford musique, participation à un carnaval latin, organisation de matchs de soccer : une quinzaine d’activités sportives et culturelles ont aussi été mises à l’horaire par l’équipe d’AIDE. Ces événements, parfois organisés de concert avec les municipalités, permettent non seulement de briser l’isolement des travailleurs étrangers temporaires, mais leur donnent aussi l’occasion de créer des liens et de rehausser leur confiance en eux. Cela permet également de mieux comprendre les différences culturelles, constate l’organisme.

Les intervenants d’AIDE ont aussi été présents sur le terrain. L’organisme a même été contacté par un producteur qui prévoyait embaucher deux travailleurs étrangers temporaires. L’équipe les a donc accueillis avec une épicerie de produits latinos en plus de les aider avec certains aspects pratiques, comme le téléchargement d’une application permettant de faire leurs transactions bancaires en ligne. Un partenariat avec Radio Mas latinos a aussi permis aux travailleurs de mieux connaître les réseaux sociaux de leur région et de participer aux différentes activités offertes. « Employeurs, citoyens, organismes, tous se mobilisent pour inclure les travailleurs étrangers temporaires dans le tissu social des régions et les travailleurs en sont très reconnaissants », conclut l’organisme.

Contacts réels… et virtuels

De son côté, AGRIcarrières a continué de rejoindre des travailleurs non seulement sur le terrain grâce à sa brigade, mais aussi à travers différents outils d’information. Ainsi, en plus d’avoir visité une dizaine de fermes entre le 1 er avril et le 30 juin, une moyenne de 15,8 personnes s’est connectée chaque jour sur l’application AGRI-Connexion. Lancée à l’été 2021, cette application disponible gratuitement sur l’Apple App Store et sur Google Play propose du contenu pratique en français, en anglais et en espagnol.

Les travailleurs sont non seulement informés de l’existence de cet outil à l’aéroport, mais aussi sur les médias sociaux, comme Facebook. Des ballons à l’effigie de l’application sont également distribués directement dans les fermes, via les Centres d’emploi agricoles (CEA).

Toutefois, les travailleurs étrangers agricoles ont été plus difficiles à joindre pour les activités de sensibilisation en ligne, a constaté l’équipe. En effet, chaque jeudi, l’organisme propose une rencontre virtuelle nommée « Sortilegio », mais l’équipe a eu du mal à atteindre sa cible. Par contre, ceux qui y participent apprécient le fait d’être en contact avec des intervenants du Québec, note-t-on.

Des activités sur le terrain

L’équipe du Centre d’intégration en emploi (CIE) Laurentides n’a pas chômé en cette période, alors que ces activités lui ont permis de rejoindre près de 200 travailleurs étrangers temporaires. Activités, webinaires, appels et séances d’information ont été à l’horaire de l’équipe. De plus, la MRC de Deux-Montagnes a invité l’organisme à participer à la visite d’une douzaine de fermes du territoire. Des rencontres qui ont permis de discuter avec les propriétaires des différents défis qu’ils vivent, de leur expliquer les services offerts par l’organisme et de discuter avec quelques travailleurs étrangers temporaires.

En mai, l’équipe du CIE Laurentides s’est rendue à un match de soccer au stade Saputo de Montréal avec 70 travailleurs provenant de 32 fermes différentes. Une activité gratuite qui a été rendue possible grâce à différents partenaires, comme AGRIcarrières et l’Union des producteurs (UPA) Outaouais-Laurentides. Cet événement a donné un coup de fouet au moral des travailleurs, a constaté l’équipe.

Si l’offre de services pour les travailleurs étrangers temporaires s’améliore, il reste encore des besoins à combler, notamment des activités de prévention quant à la consommation excessive d’alcool en langue espagnole, note aussi l’organisme. De même, il faudrait organiser plus d’activités leur permettant de se détendre, ajoute-t-on.

De l’information pour un séjour réussi Plusieurs groupes ont aussi profité de cette période pour distribuer différentes informations aux travailleurs. C’est le cas du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) qui a réimprimé quelque 2500 dépliants produits pendant la pandémie. La distribution de ces documents leur a permis d’aller à la rencontre de ces travailleurs dans différents événements culturels, ateliers et autres événements. Plusieurs activités portant sur les droits des travailleurs ont également été à l’horaire, notamment à Montréal, Montmagny ou Rimouski.

Même bilan du côté du Centre patronal de santé et sécurité du Québec, qui a préparé des pochettes à l’intention des employeurs et des travailleurs étrangers temporaires. Chacune d’entre elles contenait différents dépliants ainsi que des affiches en lien avec la santé et la sécurité, comme la prévention de la chaleur, le port du masque ou les services offerts par la CNESST. En plus d’avoir distribué 80 pochettes aux travailleurs, l’équipe a aussi organisé des formations directement chez des employeurs. Chaque participant a ainsi reçu un ensemble « Prévention-COVID » qui incluait mouchoirs, gel désinfectant et masque de procédure.

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