Sandra_Cerdeline_InfoTET_Complexe X Immigration
Marie-Anne DAYÉ

Marie-Anne DAYÉ

Conceptrice - Rédactrice

Informer et soutenir les TET, de la ferme au terrain de soccer

Sandra Cerdeline est arrivée du Cameroun il y a environ dix ans et se rappelle ses débuts en tant que nouvelle arrivante : elle sentait qu’elle n’avait pas toutes les informations ni les ressources dont elle aurait eu besoin à ce moment-là. Aujourd’hui directrice générale à Complexe X Immigration, un organisme situé à Saint-Constant en Montérégie, elle chapeaute un projet dont la mission est d’aider les travailleurs étrangers temporaires agricoles à avoir accès à de l’information et à briser l’isolement.

Son projet, inscrit dans le cadre du Programme de soutien aux travailleurs migrants financé par le gouvernement du Canada et coordonné par Immigrant Québec, regroupe des séances d’information présentielles dans les fermes et virtuelles, des activités ponctuelles telles une remise de vélos et une épluchette de blé d’Inde et, surtout, une ligue de soccer extérieur, qui rassemble des centaines de personnes chaque dimanche.

InfoTET : Qu’est-ce qui vous a motivée à démarrer ce projet de soutien aux travailleurs étrangers temporaires au sein de Complexe X Immigration ?

SC : Ça fait huit mois que je suis chez Complexe X Immigration et l’idée, c’était que je laisse aller ma créativité. Lorsque ce projet d’Immigrant Québec est arrivé sur ma table, c’était un appel pour moi. Je suis immigrante et, sincèrement, j’aurais aimé bénéficier d’autant de ressources lorsque je suis arrivée ici il y a dix ans, mais malheureusement, il n’y avait pas toute cette ouverture. J’ai alors découvert un côté caché : la solitude. Dès que j’ai pris connaissance de ce projet pour les travailleurs étrangers temporaires, je me suis dit que c’était l’occasion pour moi de donner au suivant.

 

InfoTET : Pourquoi avez-vous choisi le soccer comme vecteur de rassemblement pour les TET ?

SC : Je viens de l’Afrique et le sport, c’est le soccer. Alors je me suis dit : quoi de plus beau que de permettre aux personnes d’en bénéficier et de recevoir, à la fin, un trophée avant de retourner chez eux? Je peux ressentir l’importance de ça. Mes frères, lorsqu’ils revenaient avec une médaille, c’était une semaine de fête !

J’ai une coordonnatrice sur le terrain, j’ai des bénévoles sur le terrain, mais je n’ai jamais manqué un seul match de soccer. Je pense que je n’ai pas une minute à moi parce que tous viennent me voir. Je suis devenue un peu comme la marraine du soccer !

 

InfoTET : Quel moment vous a le plus marquée jusqu’à présent durant le projet ?

SC : Je dirais que c’est surtout l’émotion que ça révèle chez les TET. Chaque fois que je termine une séance d’information, j’ai l’impression qu’il y a eu un transfert d’énergie. Ces personnes qui, après une séance, viennent me serrer dans leurs bras et me dire « ça fait 18 ans que je viens travailler et que je retourne dans mon pays, mais je n’avais pas encore découvert cet amour que nous avons avec toi. Parce que tu es là pour nous. Quand tu nous parles, ça vient du fond du cœur et ce que tu dis, c’est vrai. » Avec le guide, je les oriente, j’encercle les numéros et je leur dis d’appeler et de s’informer. Ce qui me touche c’est surtout ça : savoir que le message est retenu. 

InfoTET : Quel message justement souhaitez-vous transmettre lors des séances d’information ?

SC : Je parle de l’opportunité qu’on a eue grâce à Immigrant Québec et le gouvernement du Canada de pouvoir les accompagner dans ce qu’ils font au quotidien. Je leur dis d’être ouverts, de se laisser aller. À travers la formation, je les amène à comprendre que la soumission n’existe pas au Québec, qu’ils ont des droits, et qu’il y a des organismes qui sont disponibles pour les aider, disponibles pour les accompagner. Je leur fais comprendre que c’est une aubaine et qu’il faut saisir cette opportunité parce que ce n’est pas tout le monde qui l’a eue.

J’utilise beaucoup la patience dans la communication, car il y a déjà la barrière du langage. Il ne faut pas les presser. Je leur dis que s’ils n’ont pas compris tout ce que je leur ai dit, ils peuvent me rejoindre le dimanche à notre QG, le terrain de soccer.

Le projet a été financé par le gouvernement du Canada.

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